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Ghyslaine et Sylvain Staëlens créent ensemble depuis 1998.
Après avoir produit pendant quelques
années des volumes d’inspiration souvent abstraite, leur imaginaire se libère totalement depuis quelques temps.
Ils donnent désormais naissance à un peuple de personnages et d’animaux fabriqués à partir d’assemblages sophistiqués de branches et de racines.
On trouve également dans cet entrelacs impressionnant des éléments métalliques rouillés.
L’ensemble est traité afin d’obtenir un univers fantasmagorique, un imaginaire presque effrayant.
Ghyslaine et Sylvain, fascinés par l’art tribal, l’Amérique latine ou l’Afrique produisent des œuvres d’une étonnante puissance viscérale. Une production qui après avoir exorciser les tensions, les souffrances tend peu à peu vers un retour terrestre et vivant.
Il faut saluer la passion, la combativité et la rage de créer de ce couple dont le talent indiscutable se révèle définitivement par la qualité de leurs
créations.
Jean-Michel CHESNE, Août 2004.
Après une dizaine d’années de nomadisme entre Paris et diverses villes de province, Ghyslaine et Sylvain Staëlens décident de changer complètement de vie après un séjour de deux mois dans un hameau quasi désertique d’Auvergne.
En 1997, ils franchissent le pas et
s’installent à la campagne. La maison est rustique, le confort précaire mais le désir de créer est tel que nos deux autodidactes vont immédiatement faire preuve d’un talent rare.
Comme tous les peintres et sculpteurs, ils savent observer.
Cette région volcanique va leur donner tous les matériaux dont ils ont besoin pour la réalisation de leurs sculptures, bas-reliefs, masques, poupées, figurines, totems, crucifix ….
Leur regard d’artistes est tellement aiguisé que les bois flottés, racines, métaux rouillés deviennent des éléments indispensables à leur œuvre, les terres, les roches volcaniques broyées, rouillées, oxydées exacerbant un vieillissement, créent l’illusion totale de vestiges archéologiques primitifs ayant servi à des rituels païens d’un autre âge.
Rapidement, ils trouvent leur propre technique et leur propre écriture, ils font preuve d’une grande maturité créatrice comme si pendant ces années parisiennes, ils s’étaient préparés à leur vie de créateurs actuels.
Depuis 1998, date de
leur première exposition à Mauriac, ils ne cessent d’exposer en France et à l’Etranger.
Luis MARCEL, Janvier
2005.

«QUAND S’OUVRE LE COCON », dans l’œuvre de Ghyslaine et Sylvain
STAËLENS.
L’histoire de l’art est jalonnée de biographies attestant du farouche esprit d’indépendance des artistes ; voire de
l’animosité entre deux créateurs d’un même couple ! C’est pourquoi il est rarissime de rencontrer deux êtres comme « les Staëlens » qui, depuis les premiers
moments de leur création commencent ensemble chaque sculpture ; savent que, si en cours de route, ils ont des propositions différentes relançant son évolution, ils arriveront immanquablement
à une vision unique des possibles variantes : et avanceront à l’unisson jusqu’à son terme.
Même osmose avec le milieu ambiant, pour ce couple établi au milieu des pierres volcaniques, à l’ombre des croix et calvaires noirs qui jalonnent la région d’Auvergne où ils sont implantés. En effet, quel que soit le thème abordé dans leurs sculptures, l’ensemble est constitué de bois, de pierres, de métaux… recouverts de sable très fin qui leur donne l’aspect ferrugineux et brûlé des rocs avoisinants. Les nuances de ces couleurs rouillées, qui mêlent minéral et végétal, sont apportées par des pigments, teintures, peintures, etc. De sorte que chaque sculpture semble avoir été arrachée à un bas-relief érodé d’une église romane. Le mimétisme est d’autant plus grand, que Ghyslaine et Sylvain Staëlens se disent sombres, austères, fermés, comme imprégnés de cette rude contrée.
Rien d’étonnant, donc, à ce que leurs premières œuvres aient été ramassées sur elles-mêmes, à l’instar des statuettes primitives porteuses de charges magiques dont la puissance a généré une fascination qui a traversé les âges. De prime abord, elles suggéraient des nids, voire des œufs hérissés de clous les enfermant encore davantage. L’une de leurs toutes premières sculptures n’était-elle pas intitulée Cocon, corroborant cette impression ?
Pourtant, en une décennie, leur travail a changé. Peu à peu –à mesure peut-être que leurs gestes se sont assurés, que leur -dit- s’est précisé- les œufs ont éclos, les nids se sont ouverts, révélant ici une tête aux gros yeux exorbités ; là un personnage entier, au corps tordu de douleur ; ailleurs, un visage émergeant d’un enchevêtrement buissonnier… Parfois, ils proposent des « scènes » moins « ébouriffées », le foisonnement des protubérances s’aplanit. Mais alors, -est-ce la permanence de la couleur ?- le spectateur a le sentiment que, sous la rigueur paradoxale de cette apparence, se cache la plus intense souffrance intérieure. De sorte que barbelées, cloutées ou non, les œuvres des Staëlens impliquent un imaginaire dépourvu de compassion, animé de violences pulsionnelles, passionnelles, qui font de leurs créations autant de jalons d’une sorte de généalogie d’une démesure atemporelle, et néanmoins bouleversante et profondément humaine.
D’autant qu’imprégnés eux-mêmes d’une très forte spiritualité, les êtres auxquels ils donnent vie prennent une connotation mystique. Leurs crucifiés, notamment, plus vrais que les vrais, les clous qui crispent leurs mains et le spectacle de leurs corps brutalement agressés, rappelant la souffrance originelle qui, depuis deux mille ans, a courbé bien des têtes !
Ainsi, sur Ghyslaine et Sylvain Staëlens qui, un
jour, ont désiré quitter un monde pas à leur convenance pour une sorte de retraite volontaire, l’envie de créer est-elle tombée comme un cadeau leur permettant d’exprimer ce qui dormait au fond
d’eux-mêmes, et dont ils n’avaient pas forcément pleinement conscience. D’œuvre en œuvre, ils ont recréé autour de leur solitude, un monde éminemment personnel. Un univers fantasmagorique, dans
lequel la récurrence de la violence rentrée génère un véritable ascendant, à la fois tentation et répulsion. Un cheminement qui s’en va si loin hors
de sentiers battus, qu’il en est quasi effrayant.
Comment ne pas comprendre,
alors, dans cette façon bien à eux de s’affirmer en autarcie, qu’il est indispensable aux deux protagonistes d’être en parfaite harmonie, de savoir qu’ils ne sont jamais « seuls ». Et
conclure de cette démarche si particulière, qu’ils ne sont pas non plus « un » et « un » qui feraient deux. Qu’ils sont bien deux qui ne font qu’un !
Jeanine Rivais, Octobre 2007
Ghyslaine et Sylvain STAËLENS travaillent à quatre mains, en osmose parfaite, cas rarissime dans l’histoire de l’art.
Leurs bas-reliefs et fétiches à clous, où le bois sauvage prend l’allure du métal rouillé grâce à un savant sablage, sont un exercice d’exorcisme par lequel, ensemble, ils donnent corps aux
diverses entités mentales qui nous stimulent ou nous tourmentent. Prenant un tour moral, presque militant, leur inspiration témoigne de la complexité de l’être et de la précarité humaine contre
la platitude glacée de la culture industrielle.
Pour eux « le fil de fer souple et solide, symbolise l’attachement, le barbelé et les clous la souffrance et l’horreur humaine, les branches droites,
elles, représentent « la discipline, la rigueur, le contrôle de l’esprit ».
Sans doute est-ce ce mode organique de symbolisation qui donne à ce faux art primitif, plus vrai que le vrai, sa force d’objet chargé
d’une anthropologie imaginaire.
Laurent Danchin, Mars 2006.
A Moussages, au fin fond de l'Auvergne, où étaient les druides, vivent désormais
Ghyslaine et Sylvain Staëlens, autodidactes, ensemble depuis ving-cinq années. Autour d'eux, la nature, l'espace, la solitude. Un monde dur, rustique, un monde de
mystères.
Ils travaillent ensemble, sans partage des tâches, liés du début à la fin de la création, fusionnels. Ils regardent d'abord. Les arbres, la pierre, le bois, les
lignes, les écorces. Puis ils les glanent et se mettent à fabriquer. La première opération consiste à entrer dans la matière pour y découvrir des mondes parallèles, aller à l'essentiel et faire
surgir des émotions à vif, à cru. Ensuite, au fur et à mesure des temps, ils ont confectionné et peaufiné leur cuisine. Ils vont assembler tous ces reliefs, sabler, ajouter de la ferraille, des
clous, du tissu, des bouts de ficelle et de la terre d'un ocre rouge, rouillé. Un labeur fantastique.
Grouillent alors des insectes désarticulés, des poupées grotesques aux côtes saillantes, des sortes de momies aux viscères sorties du ventre. Momies de cultes
vaudous. Momies aztèques, pétrifiées, qu'ils ont pu longtemps observer lors de leurs voyages au Mexique. Mais aussi "écorchés" devenus les acteurs d'une danse macabre obsédante et obsessionnelle.
La souffrance est là. Et l'effroi. Celui du "Cri" d'Edvard Munch. Fasciné et fascinant.
On ne peut parler de religiosité dans le travail des Staëlens, mais d'un mysticisme archaïque venu de l'observation des rituels chrétiens, des chouettes clouées sur
les portes paysannes, ainsi que de la "magie" du chamanisme. Une interrogation venue du fond des âges où se retrouvent ces deux "primitifs contemporains".
Stani Chaine, Mars 2009.
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