Textes

Dimanche 10 mai 2009

A Moussages, au fin fond de l'Auvergne, où étaient les druides, vivent désormais Ghyslaine et Sylvain Staëlens, autodidactes, ensemble depuis ving-cinq années. Autour d'eux, la nature, l'espace, la solitude. Un monde dur, rustique, un monde de mystères.
Ils travaillent ensemble, sans partage des tâches, liés du début à la fin de la création, fusionnels. Ils regardent d'abord. Les arbres, la pierre, le bois, les lignes, les écorces. Puis ils les glanent et se mettent à fabriquer. La première opération consiste à entrer dans la matière pour y découvrir des mondes parallèles, aller à l'essentiel et faire surgir des émotions à vif, à cru. Ensuite, au fur et à mesure des temps, ils ont confectionné et peaufiné leur cuisine. Ils vont assembler tous ces reliefs, sabler, ajouter de la ferraille, des clous, du tissu, des bouts de ficelle et de la terre d'un ocre rouge, rouillé. Un labeur fantastique.
Grouillent alors des insectes désarticulés, des poupées grotesques aux côtes saillantes, des sortes de momies aux viscères sorties du ventre. Momies de cultes vaudous. Momies aztèques, pétrifiées, qu'ils ont pu longtemps observer lors de leurs voyages au Mexique. Mais aussi "écorchés" devenus les acteurs d'une danse macabre obsédante et obsessionnelle. La souffrance est là. Et l'effroi. Celui du "Cri" d'Edvard Munch. Fasciné et fascinant.
On ne peut parler de religiosité dans le travail des Staëlens, mais d'un mysticisme archaïque venu de l'observation des rituels chrétiens, des chouettes clouées sur les portes paysannes, ainsi que de la "magie" du chamanisme. Une interrogation venue du fond des âges où se retrouvent ces deux
"primitifs contemporains".

Stani Chaine, Mars 2009 .

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Vendredi 18 juillet 2008

Ghyslaine et Sylvain STAËLENS travaillent à quatre mains, en osmose parfaite, cas rarissime dans l’histoire de l’art. Leurs bas-reliefs et fétiches à clous, où le bois sauvage prend l’allure du métal rouillé grâce à un savant sablage, sont un exercice d’exorcisme par lequel, ensemble, ils donnent corps aux diverses entités mentales qui nous stimulent ou nous tourmentent.
Prenant un tour moral, presque militant, leur inspiration témoigne de la complexité de l’être et de la précarité humaine contre la platitude glacée de la culture industrielle.


Pour eux « le fil de fer souple et solide, symbolise l’attachement, le barbelé et les clous la souffrance et l’horreur humaine, les branches droites, elles,  représentent « la discipline, la rigueur, le contrôle de l’esprit ».

Sans doute est-ce ce mode organique de symbolisation qui donne à ce faux art primitif, plus vrai que le vrai, sa force d’objet chargé d’une anthropologie imaginaire.


Laurent DANCHIN,   Mars 2006

 


 


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